Les produits et leurs packagings vivent un moment, que je pourrais qualifier, de dipolaire. Le dipôle, en physique ou en chimie, est un couple de deux charges, de signes opposés, séparées par une distance non nulle.
Notre société n’a jamais autant profité des évolutions technologiques, le digital est partout, il nous permet d’accéder rapidement à la moindre information. Et dans bien des cas il nous rapproche les uns des autres et améliore notre style de vie. C’est ainsi que le terme connecté est entré dans notre vocabulaire et dans nos objets du quotidien.
Ce terme dipolaire incarne une dimension contradictoire mais complémentaire et c’est la tendance de fond que nous traversons actuellement, en tant qu’agence de design.
Premier exemple : la bouteille connectée de Gatorade (Pepsico). 
Cet exemple incarne parfaitement ce que le digital apporte au consommateur par l’utilisation d’un packaging connecté.
Si jusqu’à présent, les packagings digitalisés n’apportaient qu’un service relatif (lumière clignotante, renvoi sur un site internet, jeu interactif et réalité augmentée…), Gatorade marque une vraie rupture et innove.
C’est par l’intermédiaire d’un patch sur la peau en connection à la bouteille que le sportif est averti de devoir se désaltérer. Cette innovation liée à l’information relevée par le patch et transmis à la bouteille qui se met à clignoter, rappelle au sportif de s’hydrater pendant l’effort lorsque son taux de sodium devient trop faible. Cet exemple illustre parfaitement la manière dont le digital peut connecter un bénéfice à un besoin.
Mais face à la démarche technologiste, la dématérialisation des services, la désincarnation des contacts, l’intrusion des écrans … nous observons que la connectivité présente un autre versant qui lui, engendre chez le consommateur le besoin de se connecter au réel. Les produits et packagings authentiques rencontrent un nouveau succès auprès du grand public en se focalisant sur les sens de proximité et leur ADN.
Deuxième exemple (réalisation de Lonsdale) : Guichard Perrachon, le bon goût à la française.
Guichard Perrachon incarne la renaissance d’une marque née en 1898 qui nous reconnecte à notre patrimoine et à l’excellence.
Et au travers de cette renaissance c’est tout l’art de vivre à la française qui est célébré. D’une part, l’art culinaire au travers d’une centaine de produits salés et sucrés issus des meilleurs artisans et producteurs français. Et d’autre part, par le choix de la toile de Jouy comme emblème pour habiller les produits qui illustre cette excellence artisanale et patrimoniale en France comme à l’étranger.
C’est donc une toute autre forme de connection qui se joue et à laquelle cette marque répond. La quête d’expérience pour le consommateur et le lien à des valeurs plus émotionnelles et sensorielles.
Et nous notons que le consommateur n’oppose aucunement ces deux notions, bien au contraire il se les approprie avec beaucoup d’agilité au grès de ses préoccupations et désirs.
Laurent Collangettes